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L’école en mouvement

edito octQu’elle soit mue par une force interne ou externe, l’école est sans cesse en mouvement tout en étant tirée vers la stabilité.

La stabilité, (pour certains l’immobilisme), rejoint un besoin et une attente. Le besoin de donner aux enfants des repères solides dans un environnement qui accélère tout, qui favorise la dispersion ou la perte de repères communs. L’attente d’une sécurité : savoir ses enfants bien pris en charge sur les plans intellectuel, moral ou matériel est nécessaire. C’est sans doute pourquoi l’école se voit sans cesse confier de nouvelles missions. Aux savoirs et savoir-faire fondamentaux s’ajoutent la santé, le code de la route, la prévention des risques, la morale, entre autres. Il est même question de passer le permis à l’école.

Cela rassure. Cette stabilité est nécessaire pour grandir dans une plus grande sérénité.

Parallèlement, on accuse souvent l’école de ne pas s’adapter, de ne pas évoluer assez vite, d’être statique. Quand on regarde en arrière, on voit que l’on est passé de la disquette (5 pouces puis 3 pouces) au disque dur, du 78 tours au 33 tours, du vinyle au CD. Maintenant le CD disparait au profit du MP3 ou 4 ou … Personne ne lisant l’avenir (de manière certaine en tout cas), nous ne savons pas vers où vont le progrès, la société, la vie. Quand on regarde en arrière dans le monde de l’éducation, on a la même image : réforme après réforme, dispositif après dispositif, nouveaux programmes après nouveaux programmes, la grosse machine ne cesse d’avancer, d’évoluer.

Cette année, il va nous falloir préparer la mise en œuvre de la réforme du collège sur quatre niveaux à la rentrée 2016 : programmes, brevet, heures de cours, enseignement numérique, aide personnalisée, disparition des classes bilangues ou européennes, activités interdisciplinaires, socle de compétences, disparition du redoublement, enseignement moral et civique (ces trois derniers domaines dès 2015). C’est une refonte complète, une révolution. De quoi montrer qu’on ne reste pas immobile. De quoi aussi déstabiliser.

Que l’on se rassure, cette tension constante entre d’une part la préservation et la transmission d’une éducation fondée sur des valeurs solides et d’autre part le mouvement généré par le changement et l’adaptation est parfaitement en accord avec ce que vivent toute personne, toute famille et toute société. Car c’est la vie, tout simplement.

J Hourcaillou, directeur